Leloup n’a pas à s’excuser

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Après son passage à Tout le monde en parle dimanche dernier, on a été plusieurs à avoir des mixed feelings à propos de l’entrevue que maître Leloup a livré à Guy A.. Vous en trouverez d’ailleurs un bel aperçu en lisant le billet « Jean Leloup et la maladie mentale » ainsi que la diversité de commentaires émis sur le blogue de Michelle Blanc.

 

C’est fascinant de voir à quel point, plusieurs personnes qui ont vu et entendu la même entrevue, peuvent avoir des perceptions aussi divergentes quand à son état.

En revenant du Yulbiz Montreal plus tôt cette semaine, j’ai fait un petit détour au  Archambault de Boucherville avant de prendre la 20 direction Québec. Le but étant de ne pas me taper la radio pendant 2 hres. J’ai acheté le dernier opus de Monsieur Leloup, Mille excuses Milady. En version CD, car je voulais lire et tenir le fameux texte d’une dizaine de pages qui est inclus dans le livret. On y découvre une sorte de lettre ouverte à ses fans à travers laquelle on peut vraiment sentir tout le génie et la folie de cet être. Leloup y partage ses états d’âmes les plus profonds avec une candeur et une écriture touchante et incisive à la fois. Il y avoue être peureux à l’os. Il a peur de tout. De la mort, de la douleur, des vaccins. Peur de déplaire car il ne sait pas « lire » les gens. Leloup n’est pas comme tout le monde et c’est pour cela qu’il a une légion de fans qui le suivent depuis 25 ans.

Mille excuses Milady

J’ai écouté l’album en loop entre Montreal et Québec et j’ai été littéralement charmé. J’ai redécouvert le Leloup des années 80 et 90. Leloup a été généreux, 17 chansons, 17 univers. Des univers où les rats, célérats, corbeaux, corneilles, cannibales et iroquois se cotoient dans des textes toujours aussi tordus. Ces univers lui sont propres. C’est la signature Leloup. Vous vous rappelez de l’éleveur d’escargots, des fourmis, des pieuvres, d’Edgar et du Dôme? Vous comprenez alors ce que je veux dire. S’ajoute à cela un judicieux mélange de textes anglais et francais savamment dosés.

On y trouve aussi le « son » Leloup. Un environnement sonore où les guitares sont évidemment reines. Autant  acoustiques qu’électriques. C’est aussi le grand retour des riffs dans la plus pure tradition Leloup. Des riffs groovy, un peu bluesés, souvent rock et toujours imprévisibles. On ne peut passer sous silence un élément important de la facture sonore de Leloup: les harmonies vocales. Toutes en douceur, les harmonies de Virginia Tangvald sont discrètes, sublimes et même sensuelles comme des mots doux soufflés dans l’oreille. Ca nous rappelle ses meilleurs albums.

Donc, c’est un album qui plaira aux fans de la première heure parce que justement, on y retrouve ce qui a fait la marque de Leloup. La signature qu’on aimait jadis et celle qu’on aime encore aujourd’hui. C’est la signature d’une douce folie qui nous permet de nous évacuer de notre quotidien nous, gens ordinaires. Avouons que c’est spécial… Leloup évacue ses démons dans ses chansons et une majorité de ses fans écoute ses chansons afin de se plonger dans cet univers unique pour se pousser de leur propre quotidien

Jean, tant que tu livreras des albums comme celui-ci, on te pardonnera tes écarts de conduite. Pas besoin de t’excuser.

Plus de détails à:

www.leloup.tv

www.roiponpon.com

www.grosseboite.com