Exemple éloquent de ré-invention

Un billet coup de coeur léger en ce vendredi saint…et une petite lecon de marketing de PME en prime.

magentalogo

Début 2002, après des décénnies de photos de famille prises avec les même éclairages, les mêmes poses, les même murs de fond, une photographe décidée lance une nouvelle entreprise de photographie familiale: Magenta.

Le concept de Magenta est simple: faire de la photo de famille (concept pas trop nouveau avouons-le) mais en l’abordant avec un regard complètement nouveau. Il fallait faire différemment des Sears et autres studios de photo sans âme. La business du souvenir est un puits sans fond alors, une différenciation marquée permet de se positionner de facon unique dans l’esprit de la clientèle cible. Magenta a très bien réussi a trouver cette nouvelle solution à un vieux problème.

J’ai 3 enfants et j’ai déjà investi dans 3 séances de photo chez Magenta en 6 ans. C’est pas donné, avouons-le, mais ils savent faire ce qu’il faut afin de rendre l’expérience unique et remarquable: prises de vue originales, éclairages spéciaux, accessoires jamais vus, divertissement pour les enfants, personnel qualifié qui sait faire ressortir le naturel et hyper-respectueux des goûts des clients, traitement unique des photos, corrections des imperfections, etc. Je vous épargne ici la multitude de services uniques qu’ils ont ajoutés à leur offre récemment tel que encadrements originaux, mosaiques sur mesure, création d’articles originaux à partir de vos images et la liste s’allonge.

En quelques mots, ils ont ré-inventés l’idée-même que l’on se faisait d’un studio de photo traditionnel. Ils ont créé leur propre univers. Les clients y viennent et y reviennent et sont plutôt insensibles au prix demandé; parce que rien ne se compare vraiment à l’expérience Magenta. Cette unicité est aussi excellente pour leur marketing car le bouche à oreille leur sert très bien. Quand on prend des photos chez Magenta, on a tendance à les exposer, à en donner au parents et amis. Comme les photos sont belles et différentes, les parents et amis tendent à demander d’où elles proviennent et ainsi va le bouche à oreille et la croissance d’entreprise.

Dans votre entreprise, à quand remonte votre dernière ré-invention?

Magenta opére présentement 16 studios de photo dont 4 en Ontario.

Ne jamais dire jamais.

Note: Ce billet a été rédigé en réaction à l’article « RIP, les RP? Jamais! » dans la newsletter d’Infopresse d’aujourd’hui.

Je voulais réagir directement sur le site d’Infopresse  mais après avoir tout tapocher mon commentaire et appuyé sur « ajouter », Pouf! une page d’erreur apparait. Ca fait une couple de fois que ca m’arrive alors là je vais réagir directement ici sur mon « hub » à moi. Moins de coverage sans doute mais au moins on pourra débattre de la question! C’est plate parce que même si Infopresse essaie d’engager une converstion avec ses lecteurs, ils mettent tellement moins de barrières que ça vient freiner les élans de bien des gens. Il n’y a à peu près jamais de commentaires sur les articles qu’ils publient en ligne…, M’enfin comme dirait Gaston Lagaffe.

Je veux simplement réagir à un article publié dans la newsletter d’Infopresse d’aujourd’hui  à propos des pôôôôôôvres firmes de relations publiques. L’article a été rédigé par Monsieur André Bouthillier, président de Communications André Bouthillier.

Je pense que Monsieur Bouthillier fait fausse route avec son argumentaire. Il tente de « victimiser » les firmes de relations publiques avec ce discours qui se veut en quelque sorte, une réponse, aux pourfendeurs des relations publiques. Je ne suis pas un officiel pourfendeur des RP mais j’essaie juste d’apporter un regard neutre sur leur situation.

Quelques exemples tirés du texte de M. Bouthillier: 

  • « Certains pseudo-critiques se plaisent à associer les relations publiques à l’«industrie du mensonge»;
  • « Je suis toujours choqué d’entendre de fins observateurs parler d’«opérations de relations publiques» ou encore traiter les relationnistes (quel nom affreux!) de manipulateurs des journalistes. »

Son discours me fait un peu penser à celui de  la Fédération Professionnelle des Journalistes du Québec (FPJQ), que Michelle Leblanc a gentiment ironisé avec son billet « La FPJQ et les fabricants de fouet, même combat »: une démonstration flagrante de myopie marketing.

Ce ne sont pas les pourfendeurs des relations publiques qui feront disparaitre les relationistes et boites de PR si elles ne se ré-inventent pas,  mais plutôt:

  • des changements profonds dans les habitudes de consommation des médias (autnat les médias traditionnels que les nouveaux);
  • les modes de diffusion de ces derniers;
  • mais surtout la perception que les consommateurs ont des médias traditionnels.

Les boites de PR ont grandi et fait des profits monstres sur la prémisse qu’il faille « packager » le message et le diffuser au plus grand nombre possible. C’est là qu’ils apportaient de la valeur. Malheureusement, ca ne fonctionne plus. Je ne vous apprend rien en vous disant que les médias de masse (Journaux, télé, etc) sont en processus de ré-invention. Ils se cherchent. Ils cherchent le bon modèle d’affaires car celui sur lequel ils ont surfé pendant si longtemps ne tient plus. La raison d’être des firmes de PR a longuement été à la remorque des médias de masse donc, elles doivent se ré-inventer elles aussi. Ce n’est pas ce que j’observe pour l’instant.

On ne veut plus de messages préfabriqués

Les consommateurs recherchent de plus en plus de transparence et d’authenticité. Ca devient un critère décisionnel d’achat particulièrement auprès de la génération X (et même de la génération Y pour ma part!). Ces derniers ont horreur des messages « packagés ». Ils ignorent tout ce qui sonne comme un communiqué de presse. Or, c’est expressément  ce qu’une grande majorité de boite de PR font: packager des messages et rédiger des communiqués de presse (qui ne sont plus lus par personne).

Internet n’a pas de concurrence en terme de performance de diffusion de contenu

Pour ce qui est de la diffusion, pas besoin d’en discuter longtemps. En quelques clicks de souris, on peut diffuser à une,  5000 ou 100000 personnes. C’est le même prix. Alors, pour la diffusion, le modèle d’affaire des relationnistes tient mal la route. En 2002, Al et Laura Ries écrivaient un best seller dans la communauté marketing: « The Fall of Advertising & the Rise of PR ».

Book Cover

Force est d’admettre que 7 ans après, la publicité traditionnelle poursuit sa chute mais je ne suis pas convaincu que les RP sont en si forte progression. J’attends le livre d’un autre gourou du marketing qui pourrait s’intituler: « The Fall of PR, the Rise of User-Generated Content »!

Qu’en pensez-vous? N’hésitez pas à commenter ci bas.